Les méthodes de joutes pratiquées en France.
La Parisienne, la Lyonnaise, la Givordine, l'Alsacienne, la languedocienne, la Provençale.
La Parisienne.
Les compétitions se font par catégorie d’âge et de poids, que ce soit en masculins ou féminines.
Les barques, propulsées à l’aide d’un moteur, sont dirigées par un barreur appelé « patron », et se croisent à droite.
L’équipement est constitué d’un plastron et d’une lance. Le plastron, destiné à amortir le choc et à protéger le jouteur, est en fait un gilet de grosse toile garnie de crin, que l’on attache sur la poitrine grâce à deux sangles passant dans le dos du jouteur. La lance est en bois d’une longueur de 3.40 à 4 m suivant les catégories, est « emboulée » c’est à dire munie d’un tampon en cuire à son extrémité.
Le jouteur, en position de légère fente avant, pied gauche en arrière calé au « taquet », jambe gauche tendue, genou droit fléchi, tient sa lance de la main droite, le bras gauche devant être levé haut. Il prend place sur le « trinquet », petite plate-forme montée à l’arrière du bateau, surélevée d’environ 50 à 70 cm et débordant de 1 m.
L'Alsacienne.
La Provençale.
Cette méthode de joute est scindée en 2 comités:
La joute provençale est un combat sur l’eau entre deux personnes se trouvant chacune sur un bateau, en haut d’un plateau appelé en provençale (teinteine) et le but du jeu consiste à envoyer son adversaire à l’eau au moyen d’une lance. Chaque jouteur est protégé par un plastron en bois et tient dans la main gauche un témoin qui doit l’empêcher d’attraper la lance de son adversaire.
Il existe quelque règles suplementaires, notamment celle de ne pas avoir les pieds joint au moment de la frappe, en effet le jouteur place son pied gauche devant une ligne blanche et son pied droit derrière cette ligne, si le pied droit du jouteur franchie la ligne blanche au moment de la frappe il est disqualifié au profit de son adversaire.
La Joute Provençale est un sport de passionnés. Pratiqué de mai à septembre, ce sport de force, réunissait à l’origine uniquement les hommes mais aujourd’hui, il attire de plus en plus de féminine.
La Languedocienne.
Cette méthode de joutes est pratiquée dans huit villes de l’Hérault (Béziers, Agde, Marseillan, Mèze, Balaruc, Frontignan, Sète, Palavas) et dans une ville du Gard (Le Grau-du-Roi). L'épreuve reine est le fameux Grand Prix de la Saint-Louis à Sète autour du 25 août (depuis 1743), mais un classement par points sur la saison (depuis 1962), un championnat de France (depuis 1927) et une Coupe de France (depuis 1963) existent également dans quatre catégories de poids et d'âge : Lourds, Moyens, Seniors et Juniors.
Les mongoliennes lourdes propulsées par huit à dix rameurs se croisent à droite. En plus des rameurs, deux musiciens (tambour et hautbois) et le « timonier patron » : le barreur. Les jouteurs sont montés sur une plate-forme se situant à près de trois mètres de l'eau, la tintaine. Sur la partie basse de la tintaine, se tiennent les jouteurs des prochaines joutes.
Un jouteur en position est en fente-avant. Pas de position de grand écart en joutes languedociennes. C'est une joute en force, d'autant que le jouteur porte un (très) lourd pavois (bouclier) de
La Lyonnaise et la Givordine.
Les joutes lyonnaise et Givordine se pratiquent surtout dans la vallée du Rhône, plus généralement de Digoin à Avignon, mais aussi en région parisienne et sur les rives du Lot et de la Loire.
Il existe quatre catégories seniors (légers, moyens, mi-lourds et lourds), puis sont apparues les catégories juniors (moins de vingt ans, séparés ensuite en légers et lourds), et cadets (moins de seize ans, séparés en légers et lourds depuis 1998). 1988 vit l'apparition des critériums des jeunes jouteurs, faisant s'affronter des enfants de onze à treize ans avec du matériel adapté à leur âge. Cette catégorie minime est, elle aussi, séparée en légers et lourds.
Depuis 2000, on assiste aussi au développement de la joute féminine dans les méthodes lyonnaise et Givordine. Longtemps réputées trop contraignantes pour les femmes, dans le sens où l'impact sur la poitrine et les articulations est très violent, les femmes peuvent désormais officiellement depuis 2003, participer à leurs propres compétitions. Elles sont séparées en deux catégories : Fines et Élégantes. Elles pratiquent avec des lances de 14 pieds.
Les lances vont de 14 pieds (4,6 m) à 18 pieds (6 m) pour les seniors mi-lourds et lourds. Le jouteur est campé sur la plate-forme arrière du bateau, nommé tabagnon. Un « bourron » lui servant de cale pour sa main droite lui serre la cuisse droite. Le plastron, sorte de bouclier, est maintenu grâce à une sangle lui enserrant le cou et l'épaule gauche, tandis qu'une autre sangle beaucoup plus courte est passée dans sa main gauche. Il doit tenir sa lance des deux mains, sans la lâcher durant le déroulement de la passe. Il ne doit pas non plus toucher le tabagnon avec une autre partie du corps que ses deux pieds sous peine d'être aussitôt « mouillé » pour avoir « briqué ». Il est en outre obligé de piquer dans le carré central du plastron adverse, appelé « neuf ».
Il existe deux positions que peut adopter le jouteur. La première, dite « jambe cassée », est la plus ancienne. Le pied droit calé sur le taquet situé à l'arrière du tabagnon, jambe droite tendue et jambe gauche légèrement pliée à l'avant. Cette position a été la seule durant la première partie de l'histoire des joutes rhodaniennes. Néanmoins, peu à peu les jouteurs se sont étirés de plus en plus, nécessitant une plus grande souplesse (d'où le besoin croissant d'entraînement), et débouchant à terme sur la seconde position. La seconde posture est dite « jambe tendue ». Elle est apparue au début des années soixante-dix avant de se généraliser dans les années quatre-vingt. Le jouteur est pratiquement au grand écart sans pour autant toucher le tabagnon (voir plus haut). Cette position, si elle abaisse énormément le centre de gravité rendant ainsi le jouteur plus dur à battre, nécessite un entraînement soutenu aussi bien en souplesse qu'en musculation. Généralement, les jouteurs débutants adoptent une position jambe pliée avant d'adopter une posture plus basse au bout de quelques années.
La différence entre la méthode lyonnaise et la Givordine tient essentiellement dans le côté de croisement des bateaux. Les lyonnais se croisent à gauche tandis que les girondins se croisent à droite. Il va sans dire que cette différence modifie l'équilibre du jouteur sur le tabagnon, compliquant le passage d'une méthode à une autre. Les sociétés, si elles pratiquent souvent les deux joutes, conservent tout de même leur méthode de prédilection.
Il existe plusieurs compétitions. La plus cotée restant le championnat de France, en individuel, qui se déroule comme une coupe : phases éliminatoires, demi-finale et finale (à quatre). Toujours en individuel, mais seulement en ligue Rhône-Alpes, il y a le classement aux points sur toutes les compétitions régionales de la saison. Il y a enfin la coupe de France par équipes, où chaque club engage un jouteur par catégorie.